Méthodologie d'analyse/ Structures et formes/ BANDE DESSINÉE/ récit en images


Dessin publié sur "Rue89", extrait de « 500 dessins » de Nicolas de Crécy, éd. Barbier et Mathon, 2011.


Bande-dessinée : Forme hybride de récit en image ".
La BD combine {dessin + texte} sous forme de bandes : c’est une succession de cases racontant une histoire en image. Elle permet d’aborder avec les élèves la notion de "récit complexe" .
- Découvrir dans les dessins une source d’information véritable (apprendre à lire une suite d’images)
- Analyser les rapports images /texte.

Cf. Bible de David, 12eme siècle : réelle dynamique du récit : instantané, transition, hors-cadre, amorce, effet cinétique, plongée, abandon de la bouche fermée, autant d’effets repris par la BD contemporaine...

 Quelques procédés : 
-Instantané. Ex. scène d’action saisie sur le vif...
-Transitions. Repérer le mouvement entre les cases guidant le regard de scène en scène.
-Hors cadre. Pourquoi refuser la contrainte de la case ?
- Amorce. L'enlumineur n’hésite pas à couper ses personnages,
à laisser hors champ le sommet des crânes...
-Effet cinétique. L’effet produit par le traitement dans une
même image de plusieurs séquences d’une même action
- Plongée.
- Abandon de la bouche fermée.
Absence de bulles...

PRÉSENTATION DE L'IMAGE
Nature de l'image de bande dessinée
Ses sources : auteur, origine,
Thème général de l'image
Contexte historique et artistique.

ANALYSE (DESCRIPTION) DE L'IMAGE
 
Champ = ce que le spectateur voit sur l'image. L'auteur peut « jouer » à faire deviner un hors champ (ce que le spectateur imagine hors du cadre de l'image).
 
Répartition des plans : 
- 1er plan = éléments qui semblent les plus proches du spectateur
- arrière-plan = éléments qui semblent les plus éloignés
- second plan = éléments qui figure entre le premier plan et l'arrière-plan.
 
Cadrage = la place qu'occupent les personnages et le décor dans l'image
On distingue différents plans. CF. ici.

Axe de prise de vue= l'endroit d'où est vue une scène
- d'en haut = en plongée
- d'en bas = en contre-plongée
- de face / horizontal / latéral...

Couleurs + lumière
Les couleurs dominantes, la répartition des couleurs, les harmonies ou les contrastes contribuent à créer dans une image une atmosphère et à provoquer des impressions sur le spectateur.

On distingue les couleurs chaudes (rouge, orange, jaune), froides ( vert, bleu), primaires (magenta, jaune, cyan), complémentaires (exemple, le vert est la complémentaire du rouge).
La lumière importante ou faible, remplir l'image ou n'éclairer que certains éléments, provenir d'une seule ou de plusieurs sources...

Les lignes de force guident la direction du regard et créent une impression de profondeur et de mouvement. Elles peuvent être : courbes, obliques, verticales, horizontales

Autre questionnements : Y a t-il une perspective, des lignes de fuite, un point de fuite, une ligne d'horizon... ?

RAPPORT IMAGE / TEXTE
- Lequel, du texte ou de l'image, est là pour accompagner l'autre ?
- Existe-t-il un décalage entre l'intention de l'image et l'intention du texte ?

INTERPRÉTATION
- Trouver le destinataire ciblé.
- Comprendre l'enjeu dominant : documenter, séduire, émouvoir, convaincre, dénoncer...
- XXX interprétations de l'image (signification polysémique, interprétation subjective, symbolique...).

Etudier les procédés dynamiques qui permettent de construire un récit séquentiel.

Sammy Engramer, Sans parole, 2005
 
GLOSSAIRE
 
Aplat : couleur appliquée de façon uniforme, sans variation de nuance.
 
Bulle, ballon ou phylactère : espace réservé au dialogue ou à la pensée des personnages à l'intérieur de la vignette généralement entouré d’un trait.
 
Cadre : ligne entourant chaque vignette; certains auteurs parlent d'hypercadre pour désigner la ligne qui entoure la planche et de multicadre pour désigner l'ensemble des cadres d'un album.
 
Case ou vignette : unité de base de la bande dessinée, portion d'espace isolée par du blanc et clôturée par un cadre au sein d'une planche.
 
Espace inter-iconique, inter-images ou inter-cases : espace séparant deux cases de bande dessinée; le mot peut désigner par extension les images sous-entendues, les ellipses narratives.
 
Incrustation (insert) : mécanisme par lequel un ou plusieurs cadres sont intégrés dans un autre cadre.
 
Lettrage : écriture manuelle du texte et des onomatopées. Observer le lettrage sa taille et sa forme.
 
Mise en page : organisation des cases sur la surface de la planche.
 
Onomatopée : transposition écrite d'un bruit ou d'un son.
 
Plan : image définie par la dimension de l'objet représenté par rapport au cadre de la vignette. Ex: gros plan (détail d'un personnage), plan rapproché ou plan serré (personnage cadré à hauteur des épaules), plan américain (personnage coupé à mi-corps), plan moyen (personnage en pied), plan d'ensemble (personnage dans un paysage).
 
Planche ou page : ensemble des cases figurant sur la même page.
 
Récitatif : texte de commentaire imputable au narrateur.
 
Strip ou bande : suite de trois ou quatre cases disposées horizontalement (parfois verticalement dans les années cinquante). Le strip peut être isolé (il s'agit alors d'un "daily strip", publié quotidiennement dans les journaux) ou faire partie d'une planche.

+ Techniques d'analyse du récit (récit particulier, réduit à quelques moments, quelques scènes (les vignettes) entre lesquelles l'auteur a installé des ellipses plus ou moins importantes).

... en quoi les deux analyses se complètent, enrichissent la lecture de l'oeuvre.


Un exemple d'analyse ici. Quelques pistes ici.
 Un excellent document ici.
Pour des professeurs d’arts plastiques, il est possible d'inviter les élèves à :
  • l’étude des procédés iconographiques de représentation du temps ;
  • la lecture de l’image de BD ;
  • l'analyse de l'influence du support sur la construction de la planche.
 

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